Quelques astuces pour nos élèves dyspraxiques

Quelques astuces pour nos élèves dyspraxiques

* Le terme dyspraxie est utilisé ici en remplacement de trouble développemental de la coordination (TDC). Ce terme est celui utilisé par les professionnels de la santé, mais le terme dyspraxie est mieux connu de la population en général.

Le retour à l’école est imminent pour bien des enfants du Québec, mais, comme nous le savons tous, l’école ne sera pas ce qu’elle était.

En effet, le contexte actuel de la pandémie et les règles sanitaires en vigueur mènent à la mise en place de changements majeurs dans la façon d’organiser la vie scolaire.

Peu à peu, nous nous faisons à l’idées et nous nous approprions ces nouvelles façons de faire, mais ce n’est pas toujours facile.

Alors, si ce n’est pas facile pour nous, qu’en est-il des enfants dyspraxiques? Ces enfants ayant une grande difficulté à intégrer le mouvement pour lesquels tout nouvel apprentissage requiert pratique et répétition avant d’être intégré, pour lesquels l’automatisation des gestes est problématique, pour lesquels le « comment faire » n’est pas naturel?

Comment pourront-ils s’adapter à ces nouvelles règles et façons de faire? Le défi de la réintégration peut certes paraître de taille, mais demeure assurément possible, si les conditions gagnantes sont réunies!

Voici des stratégies concoctée pour eux, étape par étape!

Astuce no 1 : COMPRENDRE LA RÈGLE DU 2 MÈTRES CONCRÈTEMENT

Avec du matériel concret, aider l’enfant à comprendre ce que représente une longueur de 2 mètres. Par exemple :

  • Longueur de mon bras tendu + longueur de ton bras tendu = nos doigts ne peuvent pas se toucher;
  • Se promener avec une nouille de piscine coupée de la bonne longueur ou un bâton de hockey;
  • Avec un ruban à mesurer, trouver des objets dans la maison qui mesurent 2 mètres.

Astuce no 2 : AJOUTER DES REPÈRES VISUELS

La conscience corporelle et l’orientation dans l’espace des enfants dyspraxiques est souvent un défi. L’ajout de repères visuels l’aidera à se situer et à respecter les règles. Utiliser des rubans gommés de couleur, par exemple, pour délimiter les zones interdites (ex : en rouge) et les zones permises (ex : en vert), des cerceaux au sol, des flèches pour indiquer le sens des déplacements s’il y a lieu, etc. Il existe sur le marché des collants amusants à cet effet, cliquez ici pour voir un exemple intéressant.

Astuce no 3 : FOURNIR DES PROCÉDURIERS POUR EXPLICITER LES ÉTAPES DES NOUVELLES ROUTINES

Intégrer une nouvelle routine peut prendre un certain temps à l’enfant dyspraxique (difficulté d’automatisation). Ainsi, des horaires visuels et des procéduriers deviendront des outils de référence primordiaux pour le supporter dans l’appropriation de ces nouvelles façons de faire. En les décortiquant par étapes, l’enfant pourra s’y référer et ainsi, mieux s’organiser.

On peut ainsi penser à :

  • Un horaire visuel illustrant l’organisation générale de la journée, de l’accueil à la fin de classes;
  • Un aidemémoire comportant les différentes étapes de la routine d’accueil et/ou de départ;
  • Un aidemémoire comportant les différentes étapes pour l’hygiène des mains, ce qui l’aidera ainsi à respecter le 20 secondes.

Astuce no 4 : OFFRIR UN PLACEMENT PRÉFÉRENTIEL

Sachant que l’enfant dyspraxique peut se montrer davantage malhabile que les autres, il est plus à risque d’avoir des contacts non-intentionnés avec ses pairs. Ainsi :

  • Lors des déplacements : le mettre en tête de rang plutôt qu’entre 2 élèves. L’adulte pourra ainsi l’accompagner plus aisément. Au besoin, lui faire transporter un objet de la bonne longueur, pour l’aider à conserver le 2 mètres (ex : nouille de piscine avec, au bout, une marionnette ou une image significative pour rendre le truc plus ludique);
  • En classe : placer son pupitre dans un endroit stratégique où il n’aura pas à se déplacer trop souvent, idéalement près d’un mur pour limiter le nombre de camarades autour de lui;
  • Lui laisser une poubelle près de son espace de travail.

Astuce no 5 : PRÉVOIR DES PAUSES

L’enfant dyspraxique ne fait pas exception : il a besoin de bouger et, bien souvent, comme il peut avoir un tonus musculaire plus faible, maintenir une bonne posture assise sur sa chaise peut devenir fatiguant. Comme les élèves seront appelés, autant que possible, à demeurer à leur pupitre, aménager un espace limitrophe clairement délimité, où il pourra faire une pause bougeotte pour se dégourdir ou s’asseoir autrement pourra être salutaire.

Astuce no 6 : LUI SIMPLIFIER LA VIE – LIMITER LES MANIPULATIONS

Plus que jamais, l’enfant dyspraxique devra être autonome dans la manipulation de son matériel et de ses effets personnels. Choisir avec soin les vêtements portés, le sac à dos, la boîte à lunch, les contenants de collation… En classe, organiser son espace de travail et son vestiaire de sorte de faciliter les manipulations, le rangement et l’accès à ses choses.

Astuce no 7 : PRÉVOIR DES RECHANGES EN CAS D’ACCIDENT

Par exemple, bien des enfants dyspraxiques peinent à se moucher et, de façon spontanée, s’essuieront avec la manche de leur chandail, ce qui est particulièrement problématique dans le contexte actuel. Avoir accès à une rechange pourra sans doute s’avérer utile et rassurant pour tous.

Astuce no 8 : RÉPÉTER… MAIS DEMEURER INDULGENT

L’apprentissage passe par la répétition. Il faut laisser le temps à l’enfant dyspraxique d’intégrer les nouvelles routines et façons de faire :

  • Formuler positivement les consignes;
  • Souligner les bons coups.

À surveiller prochainement dans nos ERGOTRUCS :

Quelques astuces pour nos élèves ayant un trouble du spectre de l'autisme!

Mariann St-Hilaire

Ergothérapeute depuis 2002 elle dédie sa pratique aux enfants depuis ses débuts. Elle pratique en milieu clinique, dans les écoles et les CPE. Elle a développé une expertise au niveau de la sélectivité alimentaire en plus de sa pratique régulière (difficultés motrices et sensorielles). Récemment, elle a créé un programme d'activité pour favoriser l'interaction entre les enfants d'un CPE et une clientèle de personnes âgées. Mariann participe à la publication des Ergotrucs depuis plus de 10 ans.